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La vidéoprotection des tableaux du musée d’art moderne de Paris

dimanche 23 mai 2010, par CDL

Triste affaire que cette histoire de tableaux volés mais elle est symbolique de la "vidéoprotection". Elle met en lumière l’inefficacité de ces systèmes.

En ce moment, l’enquête est en cours et la machine médiatique s’affole. Les articles diffèrent sur le détail. Il est donc difficile d’avoir une information précise sur ce qui s’est passé. Voici donc deux sources abordant le rôle de la "vidéoprotection" dans ce vol.

Prenons le Figaro et le monde.

Dans l’article du figaro

Le scénario du casse parisien est digne d’un film policier. D’après les images des caméras de surveillance, le voleur aurait en effet agi seul, au cœur de la nuit, cagoulé et vêtu de noir. Il serait entré par effraction en passant par une fenêtre après avoir coupé à l’aide d’une pince de type coupe-boulon le cadenas d’une grille. Il aurait ensuite détouré avec précaution les toiles à l’aide d’un cutter avant de les rouler pour les transporter. (...) Pour ce qui concerne le musée d’art moderne, la Ville de Paris a annoncé que l’alarme volumétrique anti-intrusion ne fonctionnait plus dans certaines salles depuis le 30 mars et qu’elle n’avait pas pu être réparée depuis. La société prestataire n’aurait en effet à ce jour toujours pas reçu le matériel de remplacement nécessaire à sa réparation. Cela n’explique toutefois pas pourquoi le dispositif vidéo qui diffusait des images en temps réèl au PC de sécurité, qui fonctionnait correctement, n’a pas permis de donner l’alerte alors que trois agents sont mobilisés chaque nuit pour surveiller les écrans de contrôle.

Dans l’article du monde

A 3 h 50, jeudi 20 mai, une vitre a été soigneusement dévissée et déposée intacte sur le côté, dans l’une des baies donnant sur l’esplanade, quai de New York, entre le musée et le Palais de Tokyo. Le modeste cadenas qui verrouille le rideau de fer, derrière la vitre, a été cisaillé. Un seul homme est entré dans le musée. Les caméras de surveillance ont retenu l’image d’un homme en capuche, qui déambule tranquillement dans les salles, pendant un gros quart d’heure. L’homme apparaît parfois de face, mais la qualité des images est très mauvaise, et il faudra un sérieux travail numérique pour tenter de reconstituer son visage.

Le cambrioleur a fait son marché dans trois des vingt salles. Il a décroché les quatre premiers tableaux, dont le Picasso, dans les deux premières salles, et est allé chercher le Modigliani à l’opposé, salle 8, après avoir traversé le musée. Il a tranquillement retiré les toiles des cadres, plutôt que de les découper au cutter pour les enrouler. Il est parti avec ses cinq toiles encombrantes, sur leur châssis : la plupart des oeuvres sont d’un format moyen, mais le tableau de Léger est relativement grand : 116×80 cm.

Trois gardiens se trouvaient dans le musée à l’heure du vol, et devaient théoriquement surveiller le mur d’images des caméras de surveillance.

Nous attendrons le résultat de cette enquête avec impatience.

Mais répondons à ceux qui seraient tentés de mettre l’échec de la "vidéoprotection" sur l’incompétence des gardiens et de demander leurs têtes. Sachez que ces systèmes de caméras d’intérieur sont conçus pour fonctionner avec une alarme sonore. Les caméras sont de basse résolution et plus proches de détecteurs de mouvements que de vraies caméras. L’élément essentiel est l’alarme et non les images. Mais même si ces caméras étaient au top de la technologie, le résultat aurait été identique.

En effet, il est déjà impossible à un être humain de se concentrer des heures sur un mur d’écrans remplies d’images fixes. Ca demande une concentration dépassant nos capacités physiques.

On rajoute à ça qu’on est dans une session de travail de nuit qui comporte des incapacités physiologiques naturelles qu’on n’a pas dans une session de jour. Le travail de nuit fait partie de ces métiers pénibles dont on parle dans la réforme des retraites. Il abrège la vie et génère toutes sortes de maladies.

L’alarme en panne, c’est tout le système qui s’écroule. C’est une méprise de croire que les gardiens sont collés en permanence à leurs écrans car ils ne sont là que pour être prévenus par l’alarme et intervenir et non pour surveiller ces écrans comme des esclaves. Il n’avaient la possibilité de détecter cette intrusion que par chance ou pendant leur ronde. Ces contraintes sont également présentes sur les systèmes de caméras dans les rues.

L’intervention de Christophe Girard, adjoint PS au maire de Paris chargé de la Culture, est typique de cette méprise quand il dit :

"Ce qui est plus grave, c’est que malgré la présence de trois gardiens pendant la nuit, une intrusion puisse se faire et qu’on puisse déjouer la vidéosurveillance et que l’écran (de surveillance vidéo), à un moment donné, devienne tout à fait opaque.

C’est déjà d’une part prendre les voleurs pour des abrutis (une erreur grave en matière de sécurité), incapables de déjouer des technologies de bazar et d’autre part un aveu d’incompétence sur la "vidéoprotection". Le CDL avait fait parvenir aux élus PS un courrier argumenté sur la "vidéoprotection" et ses risques leur demandant de prendre leurs responsabilités au moment du vote au conseil de Paris au nom de la défense des libertés des parisiens.

Monsieur Girard ne fait pas partie des deux seuls élus PS qui ont voté contre selon leur conscience. Il a voté les 300 millions que coutera la "vidéoprotection" inutile aux parisiens tout en émettant des "réserves". Il n’est pas étonnant que les cambrioleurs lui paraissent d’"une sophistication extrême". C’est juste qu’il ne maitrise pas le concept de "vidéoprotection" qui n’est pas fait pour améliorer la sécurité mais pour améliorer le profit du marché financier de la sécurité.

Comme cet élu PS n’est pas le seul dans ce cas, espérons que la procédure engagée par les verts qui doit être jugée en automne invalidera ce vote par l’incompétence en conseil de Paris. Nous pourrons enfin obtenir un vrai débat sur la "vidéoprotection" et non cette caricature imposée par les vidéosurveilleurophiles.

On peut dire que ce fait divers lamentable synthétise tout ce que le CDL a dénoncé depuis plus d’un an sur la "vidéoprotection". Ca ne dissuade pas, ça vas couter aux parisiens et ça ne fonctionne pas.

Un tableau "vidéoprotégé" est un tableau volé tout comme un citoyen "vidéoprotégé" est un citoyen volé.

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