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Infiltration dans les lobbys de la vidéosurveillance

samedi 19 juin 2010, par CDL

Le mercredi 16 juin 2010, les marchands de peur se retrouvaient pour un séminaire sur la « prévention de la délinquance et la lutte contre l’insécurité ». Cette réunion à huit-clos se tenait au Cercle National des Armées, établissement public destiné aux rencontres d’officiers et à l’accueil des « hôtes » du ministère de la Défense. On l’avait peut-être oublié malgré les patrouilles du plan Vigipirate ou l’usage de drones militaires lors d’opérations policières mais la prévention de la délinquance et la lutte contre l’insécurité sont de plus en plus réfléchies comme des questions militaires.

Élus des collectivités territoriales, responsables de polices municipales, adjoints aux maires venaient donc entendre, dans ce palace militaire, les argumentaires de vente de divers « spécialistes » en sécurité urbaine : un promoteur de solutions de vidéosurveillance, un préfet, un responsable de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales*, un responsable de l’office HLM des Hauts-de-Seine, le monsieur sécurité d’un organisme de formation professionnelle. Symbole vivant de ce mélange des genres, un des intervenants que vous allez entendre est à la fois consultant en sécurité, vice-président d’un lobby de collectivités européennes (le « Forum européen pour la sécurité urbaine »), élu de Roubaix et de l’agglomération Lilloise (Roubaix lui doit l’installation des caméras dans ses rues) !

Au cercle des armées, un détournement de fonds a été commis en toute impunité.

Comme le partage du butin ne peut pas attendre, le séminaire s’ouvrait sur les priorités de répartition du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD). Ce sont donc 36 millions d’euros** qui sont destinés aux collectivités locales en 2010 dont 30 qui reviendront directement dans les poches des lobbys sécuritaires pour développer la vidéosurveillance.

La principale table ronde du séminaire avait la charge de présenter aux élus et acteurs publics le monde merveilleux et resplendissant des technologies de surveillance et de la prévention situationnelle (c’est-à-dire l’aménagement urbain, selon une priorité sécuritaire, ayant pour but de restreindre l’appropriation de l’espace public par tout un chacun). L’auditoire aura probablement l’envie d’approfondir ce qu’il a appris au cours de cette réunion Tupperware© d’un genre particulier.

Ça tombe bien, la société privée organisatrice du séminaire, France Action Locale, (filiale du Group Demos, « acteur global de la formation professionnelle ») est spécialisée dans la formation d’élus et agents territoriaux. Son catalogue propose notamment des sessions pour apprendre à prévenir et sécuriser son quartier contre la délinquance urbaine***.

Intervenant du séminaire, Dominique Legrand, gourou de l’AN2V (important lobby de la vidéosurveillance en France), est aussi fondateur de Technoman Ingenierie (société qui installe actuellement les caméras de Grenoble) : nul doute qu’il remerciera le gouvernement pour sa contribution financière et idéologique si généreuse à la croissance de son business.

À longueur de colloques et de séminaires, d’assises et de salons professionnels, l’industrie sécuritaire diffuse depuis des années son idéologie mortifère et liberticide auprès des décideurs locaux. Ces lobbyistes nous enferment dans un univers qui se doit d’être terrifiant pour qu’ils puissent y apporter leurs solutions « adaptées » – « banalisées » et « naturalisées » par un matraquage publicitaire ininterrompu. Leur business prospère au détriment de notre liberté.

Refusons leur vision sécuritaire du monde, combattons leur idéologie, pas d’argent pour ces rapaces !

Et comme combattre est aussi savoir, nous nous sommes infiltrés au milieu de tout ces experts du sécuritaire, spécialistes de la vidéosurveillance, adeptes du portique de sécurité dans les écoles et de la biométrie pour tous. Pénétrer dans cette enceinte militaire, dans ce contexte particulier fut si facile que déjà se pose la question du niveau réel de tout ces fumeux experts autoproclamés en sécurité. Nous avons déjà eu plus de mal à entrer dans des boites de nuit parisiennes.

Mélangé à la centaine d’élus présents, nous avons donc enregistré cette matinée de propagande sécuritaire soutenue d’une même voix par les intervenants PS et UMP. Puis nous sommes sortis tout aussi tranquillement avant que commence à midi, le gavage alimentaire des élus. Nous vous livrerons bientôt ces enregistrements.

* observatoire dépendant du ministère de l’intérieur dont l’indépendance technique est assuré par un conseil d’orientation dont plusieurs membres, jusqu’à son président, ont des intérêts financiers au développement du sécuritaire.

** sur un total de 49 millions, contre 37 millions en 2009. En 2010, il a fallu empêcher le basculement des fonds destinés à la prévention et à l’aide aux victimes (13 millions) vers la vidéosurveillance. Les 36 millions sont constitués à partir du fonds récolté sur les contraventions routières.

*** le séminaire est considéré comme une formation et financé sur argent public (entre 390 et 510 euros la journée par personne suivant la taille de la collectivité). Cette journée aura donc couté pour 100 élus au minimum 39 000 euros

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