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Une crèche parisienne va équiper les bébés de puces électroniques !

jeudi 9 septembre 2010, par CDL

Mixte d’un article de 20 minutes et du parisien


Un établissement parisien va tester dès l’an prochain un système de surveillance électronique des enfants grâce à une puce intégrée à leurs vêtements. Shocking ?

Comment surveiller plusieurs dizaines de bambins dans une crèche sans faire appel à une multitude d’auxiliaires de puériculture ? Grâce aux puces intelligentes ! Pour la première fois en France et en Europe, une crèche parisienne expérimentera, dans le courant du premier semestre 2011, le contrôle électronique sans fil de ses petits pensionnaires.

Chaque enfant accueilli dans l’établissement, vraisemblablement une structure d’accueil associative, privée ou d’entreprise, mais pas municipale, sera équipé d’une puce radio sans fil reliée à un centre de contrôle vidéo.

« L’expérimentation, menée pour le compte d’une grande société d’assurances, vise à valider l’efficacité du système du point de vue de la sécurité des enfants, explique Patrick Givanovitch, PDG de l’entreprise Lyberta, conceptrice du projet. Nous installerons des sondes un peu partout dans la crèche pour établir une cartographie complète du lieu.

Grâce à la puce portée par chaque enfant (NDLR : insérée dans un vêtement spécialement fourni), il sera possible de savoir instantanément si l’un d’entre eux quitte la crèche. La direction de la crèche sera immédiatement alertée, tout comme les parents, par SMS sur leurs téléphones portables. » Aussi novatrice soit-elle, l’arrivée d’un tel système se heurte déjà à de fortes oppositions.

Pour Dominique Ratia-Armengol, présidente de l’Association nationale des psychologues de la petite enfance, l’idée est « tout simplement effrayante ». « Enfermer les enfants dans une cage virtuelle, c’est créer des conditions de méfiance et d’angoisse inutile face à un danger qui n’existe pas. C’est également déresponsabilisant en coupant les liens avec les adultes à l’écoute et formés pour éduquer et établir une relation de confiance avec eux. »

Même réaction indignée de Maria Da Costa Pereira, auxiliaire de puériculture à Paris et responsable syndicale CGT : « C’est la porte ouverte à des économies énormes de personnel au détriment d’une relation humaine essentielle avec des adultes professionnels. D’autant qu’il n’y a pas besoin de sécuriser électroniquement des crèches qui sont déjà des lieux fermés et absolument sans risque de fugue… »

La mairie de Paris n’est « pas du tout au courant »

Mais il y a un hic. Contactée par 20minutes.fr, la mairie de Paris assure n’être « pas du tout au courant » de cette initiative qui serait le fait d’une compagnie d’assurances, selon RTL. La radio précise que trois crèches pourraient être concernées, mais celles-ci ne seront ni municipales, ni associatives, affirme la mairie : « La ville n’y est pas du tout favorable, c’est contraire à tous les principes éthiques et déontologiques mis en place, c’est-à-dire un lien réel avec les enfants. »

Même si les médecins PMI (protection maternelle et infantile), mandatés par le Conseil général (en l’occurrence la mairie de Paris), ont tout de même un droit de regard sur le règlement intérieur en vigueur dans les crèches privées, ils ne peuvent pas intervenir à l’encontre de ce type de dispositif. « Ils veillent au respect des règles d’hygiène et de la sécurité publique, mais ils n’ont pas les moyens de le faire interdire », explique à 20minutes.fr le cabinet de Christophe Najdovski, adjoint au maire de Paris chargé de la Petite enfance, qui précise que les crèches privées représentent moins de 500 places sur les 30.000 disponibles dans la capitale.

Indignation générale des professionnels de la petite enfance

Circonspects, les professionnels de la petite enfance joints par 20minutes.fr sont « catastrophés » par cette initiative, surtout si celle-ci se révèle véridique. « Les enfants ne sont pas des objets, ils ont absolument besoin de relations interpersonnelles », s’indigne Miriam Rasse, directrice de l’association Pikler Loczy pour une réflexion sur l’enfant. « Les crèches n’offrent pas qu’un mode de garde, c’est un lieu de vie et de construction, avec un suivi, un accompagnement », ajoute-t-elle.

« Si les parents ont besoin que tous les faits et gestes des enfants soient surveillés, c’est qu’ils ne sont pas en confiance », déplore Marie-Laure Cadart, membre du conseil d’administration de l’Association des collectifs enfants parents professionnels (Acepp). « Un défaut de sécurité peut toujours arriver, mais il ne faut pas croire que l’on peut remplacer l’humain, on n’a pas besoin de traçabilité », poursuit-elle.

« Ce n’est pas parce qu’ils tombent que l’on met des casques à tous les enfants », renchérit Corinne Chaillan, présidente de la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (Fneje), qui fait fi elle aussi de l’aide à la surveillance qu’un système de puces pourrait apporter. Au contraire, « cela va renforcer l’inquiétude et provoquer un manque de vigilance et de spontanéité ». Sans oublier qu’il faudra quelqu’un derrière l’écran de contrôle. « Quitte à créer un autre poste de travail, il vaut mieux qu’il soit dans le lien avec les enfants », clame-t-elle.


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